Sous titre : «le mont Perdu, on aimerait s’y perdre …»
Participants : Alain, Annie, Jean-Claude, Georges, Francine.
Départ dimanche matin : 7 heures du mat’, nous quittons Toulouse, le temps est « grisaille » mais le moral de la petite bande au + haut, la météo s’annonce belle… Nous regrettons pourtant nos deux grands absents, Michel et Eliette, retenus l’un et l’autre. Petit arrêt dans un de nos villages préférés : Sarrancolin, pour notre rituel café, ce jour-là souhaité par tous. Je vais même faire un tour chez notre ami le boucher du village, goûter une de ces charcuteries si connues de tous les gourmet(e)s et gourmand(e)s des environs. Arrivée vers 11 heures à Torla, discussion autour du bus/navette : ouf ! on peut prendre un aller et un retour. Donc OK pour 8 km en « grosbusbleu » en partant du village, jusqu’au vaste parking de la « Pradera de Ordesa ». Georges a retrouvé son univers : les bus, c’est son domaine de prédilection , nous saurons tout sur les difficultés de la route et même sur l’état des freins, pas terribles a priori.
Au bout du trajet nous nous lançons dans le canyon… Le cheminement s’avère tranquille au départ, voire un peu longuet sur le plat. Le sentier est même tellement construit que certains s’y ennuient : trop facile… Nous montons doucement, longeant un joli cours d’eau, qui nous donne à Annie et moi-même, l’envie d’y faire une petite halte (agrémentée de dégustation de petits gâteaux à la noix de coco). La randonnée repart et nous avons la chance de croiser une ravissante petite hermine rieuse… Insensible aux sunlights, elle se joue de nos photographes (3 super reporters) et semble se moquer, dans sa course bondissante, de tous et de toutes, mais c’est si joliment fait que nous ne pouvons qu’en sourire en toute douce connivence. Après les jolis bassins d’eau accueillants et la cascade du fond de la vallée, les difficultés pointent leur nez et nous passons un petit mur à l’aide d’une chaîne mise à notre disposition. Le retour ne se fera pas par là. C’est mieux, pensons-nous alors. Et nous grimpons gentiment nos 900 m de dénivelé, jusqu’au refuge de Goriz : altitude 2160 m, lieu d’accueil d’une mêlée humaine venue des 4 coins du monde. Apéro, repas, pas de douche, trop glacée… et repos ou du moins tentative de trouver un peu de repos.
Le lendemain départ à 7 heures : nous ne sommes pas tout seuls, 3 Japonais déjantés bien éméchés la veille (suite à surdose de bières du coin) s’élèvent devant nous, puis des petits groupes se suivent. Le mont Perdu fait bien rêver : la montée s’avère longue et ardue pour certains dont moi-même… Arrivée au pied d’un petit lac glacé, puis nous nous engageons vers le col : petite crête, et passage dans un long couloir caillouteux pas toujours évident : un pas en avant, deux en arrière… les pierres glissent sous les pieds, les cœurs battent la chamade. Nous laissons le névé bien sur notre gauche, mais le cheminement est loin d’être évident. Là-haut sur le col, un grand arrêt ...
De là-haut en effet : vue sur tout … : «Tuquerouye », « le Casque», «le Tallion»… je crois rêver … « Le Vignemale » … à droite, à gauche, à perte de vue … tous ces sommets mythiques dont j’ai si souvent entendu parler par mes camarades de randos. Là-haut sur le pic, du coup facile à atteindre : pause repas, nous nous félicitons d’être là où nous voulions tant nous rendre. Nous ne sommes pas vraiment seuls, mais il y a de la place : un petit repas, rillettes toastées avec amour par Annie et moi-même … un petit apéro, un peu arrosé, je crois me souvenir avec du Tariquet (blanc moëlleux … une bonne sieste pour certains. S’il y eut de légers ronflements ; ils ne dérangèrent personne.
Descente tranquille si l’on peut dire avec de grandes pauses quand le cœur nous l’a dit. Marmottes croisées, pour égayer la descente vers le refuge «lieu d’accueil bariolé, bruyant, et convivial à la fois. Les boucles aux oreilles des patrons ne pouvant laisser tout le monde indifférent (à voir avec les mecs de la bande, c’est un avis perso). Apéro, douche glacée et repas (pas terrible il faut l’avouer) et dodo.
Retour le lendemain par le chemin en balcon de «la faja de Pelay». Nous allons prendre notre temps, flâner un maximum, trop bien, c’est trop bien … Nous aurons même droit à la brèche de Roland, un long moment, si tentante en cette belle journée. Je passe les détails, rien que d’y penser la tête me tourne … Allez-y ou vous y êtes déjà allés donc il ne reste plus rien à dire. Tant et si bien qu’avant d’amorcer la descente il y eut discussion : «On mange avant la descente ? On profite à fond ? Non, non, on redescend, et nous mangerons en bas, il reste encore un bon bout». De fait la descente fut des plus difficiles … laborieuse et douloureuse par un sentier bien pentu et fort raviné, limite «craignos». Comment eût-t-il pu en être autrement ??? Comment en effet quitter ces lieux sans avoir : du moins le cœur, au mieux le dos, ou les jambes cassées ... ou bien même le souffle coupé, par tant de beautés colorées, et avec l’envie très forte au fond de chacun d’entre-nous de recommencer dès que possible. Pour nous remettre et avant de reprendre la longue route vers Toulouse, petit stop au bistrot à Ainsa, et voilà : nous rentrons …
Merci beaucoup à toi Jean-Claude pour ta belle énergie, ta ténacité et pour ta patience, et à bientôt à tous les compagnons (gnes) de cette belle randonnée, si joyeux et si enthousiastes : Annie, Alain, Georges … une pensée très forte pour Eliette qui m’a donné l’envie d’y aller et de découvrir ce site majestueux, mystérieux et magnifique.
A bientôt à tous, profitons à fond, la montagne est là pour nous …
Francine.